mercredi 5, jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2005 à Nancy
Nous sommes le 10 septembre 2010 - mis à jour : 9 octobre 2006

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Intervention de Pierre-Olivier Laulanné, directeur de la FAMDT,
En ouverture du ForuMa : Nancy, 5 octobre 2005

Nous sommes très contents de nous retrouver avec nos collègues des musiques actuelles pour échanger et faire le point collectivement. Je voudrai commencer par relativiser les catégories dans lesquelles on a l’habitude de se ranger. Les étiquettes c’est pratique mais il ne faut pas oublier qu’elles ne sont pas étanches. Au contraire, nous assistons à une triple convergence, artistique, sociologique et politique et il est donc intéressant de faire le point ensemble au ForuMa.

Artistique car les musiciens trad utilisent bien évidemment et de plus en plus des machines, l’amplification, que certains musiciens des musiques amplifiées ou du jazz s’intéressent à ce patrimoine musical, que les projets sont de plus en plus hybrides, transversaux aux différentes esthétiques.

Sociologique, car nous avons dans les musiques trad les mêmes problèmes que les autres secteurs : la professionnalisation, la formation, le rapport à l’institution, aux médias, nos liens avec les politiques locales, nous sommes dans le même bain.

Politiques : c’est le simple constat que l’on est plus fort ensemble ; avec la décentralisation, les acteurs locaux ont tout intérêt à travailler avec les collectivités et l’Etat, de manière convergente et non en concurrence.

Pour ce ForuMa, nous serons particulièrement attentifs à 3 sujets, 3 principes que l’on retrouve dans les différents ateliers.

Diversité : la diversité culturelle signifie contraire à la production de masse. La diversité est contraire à la massification de la culture. "L’autre" a une culture. J’ai une culture. Diversité signifie aussi que la politique de la musique en France ne peut pas se cantonner à un seul champs musical. Toutes les esthétiques sont également légitimes. Toutes connaissent leurs chefs d’oeuvre, leurs artistes géniaux, leurs moments fulgurants. Tous les publics sont également légitimes. Les formes sont diverses, les dispositifs doivent dont être divers et doivent permettre la rencontre des oeuvres diverses à des publics divers.

Démocratie : nous sommes attachés à l’idée de démocratie participative où les gens sont acteurs de leur propre culture. Les initiatives dans notre secteur sont très majoritairement associatives, à but non lucratif. Les politiques, les dispositifs, les outils y compris les outils d’observations, sur les musiques actuelles, ne doivent pas se décider, se mettre en place sans que les acteurs en soient parties prenantes. Comment faire autrement alors que ce qui existe aujourd’hui est d’abord le fruit de l’engagement de nos militants, nos bénévoles, nos équipes depuis des années voire des dizaines d’années. L’institution, si institution il y a, doit être démocratique et nous demandons à en être coresponsables et pas seulement usagers.

Dinero : ne pas déshabiller le théâtre pour les musiques actuelles mais en même temps on ne peut pas rester à la porte des Institutions culturelles publiques. On ne peut pas se contenter que les institutions culturelles ne prennent pas en compte, où de façon anecdotique la totalité des cultures en oeuvre.

Pour conclure, je reprendrai la formulation que j’ai lue dans les forums Internet “Pré-ForuMa “ : “Les musiques actuelles sont émergentes dans le sens où elles ne sont pas émargentes”. Nos musiques dites actuelles ne sont pas émergentes sur le terrain de la culture, elles le sont par contre dans les politiques culturelles. Nos musiques qui sont des musiques populaires, ne sont pas des musiques spontanées, apparues de façon si soudaines que les dispositifs culturels n’auraient pu encore les prendre en compte. Il faudra trouver d’autres raisons pour expliquer le manque de moyens et d’attention dont pâtissent les musiques actuelles. Une politique raisonnée de la musique devrait prendre en compte la totalité des esthétiques et la totalité des moyens.

Bref pour inventer, voici les mots d’ordre : concertation à tous les étages, co-décisions, pas de modélisation à outrance mais créativité dans les modes d’organisation.


Pierre-Olivier Laulanné


Retrouver le discours en téléchargement ICI





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