mercredi 5, jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2005 à Nancy
Nous sommes le 9 septembre 2010 - mis à jour : 9 octobre 2006

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Synthèse "Les tensions de la filière musicale (médias, disque et spectacle vivant)"
Synthèse de l’atelier 15

ForuMa - Nancy 2005

Synthèse de :
-  l’atelier 15 : Les tensions de la filière musicale

Chaque atelier de débats a été :
-  préparé par l’animateur du forum en ligne : Gilles Castagnac
-  animé par le modérateur : Bruno Boutleux
-  synthétisé par : Jacques Chabrillat


Synthèse de l’atelier 15 :
Les tensions de la filière musicale

Préambule - méthodologie - échanges

Quelques mots pour parler de l’objet de cet atelier, et de son déroulement.

L’idée de consacrer un atelier aux « tensions de la filière musicale » s’est imposée lors des travaux préparatoires au ForuMa. Le site de discussion, ouvert en amont, a été alimenté de nombreuses contributions extrêmement variées, démontrant l’intérêt sur le sujet... et, en même temps, sa complexité. L’atelier a été construit à partir de ce besoin d’échange et de clarification.

Proposer aux acteurs de la filière de travailler sur la signification, aujourd’hui, de cette notion de filière, et d’en relever les points de tension, visait à permettre d’identifier les enjeux professionnels. Eviter donc l’effet « cahier de doléances » pour tenter de reposer un cadre commun, d’intérêt partagé.

Il a été rappelé que les textes ayant contribué à structurer la filière datent de 1985 (Loi sur les droits voisins, mise en place du Fonds de Soutien,...). Ils ont créé des instruments de gestion, des principes de redistribution, mais aussi des « symboles ».

-  Tant sur le fond, que sur la forme, les fondamentaux historiques ont-ils évolué ? Sont-ils encore adaptés ?
-  L’interpénétration des pôles de la filière - disque, spectacle, médias, matériels - peut-elle se régler par de simples ajustements ?
-  Va-t-elle, au contraire, impliquer de profonds aménagements, professionnels ou législatifs, au regard des nouveaux rapports de forces économiques - et politiques -, nationaux et internationaux ?

Pour illustrer la question des tensions de la filière, et alimenter la réflexion commune sur les enjeux, trois temps de travail, trois thématiques, ont été proposés aux participants.

Il s’agissait de :
1. L’impact d’Internet et des nouvelles technologies
2. Le statut du manager
3. La gratuité, dont celle du spectacle vivant...

Un quatrième temps de débat, plus transversal, a porté sur la notion d’intérêt général. Il a permis de questionner les politiques publiques, mais aussi l’action des professionnels. C’est en effet à ces derniers qu’a été confiée, il y a 20 ans, l’opportunité de concevoir et de faire évoluer des outils et programmes de régulation et d’aide.

Restitution des débats

Une synthèse n’est pas un résumé ! Néanmoins, nous pouvons faire ressortir les principaux apports des différents échanges.

A. Sur la question du peer to peer et de la propriété intellectuelle, il apparaît que les acteurs concernés semblent habités d’une volonté évidente d’aboutir à une solution. Il s’agit de sortir ainsi, des positions dogmatiques pour reposer le rapport entre créateurs, artistes, publics/consommateurs et producteurs. Et aussi de poser, sur ces bases, le rôle et la place des acteurs de la filière dans la répartition des flux financiers. Car il fut aussi question d’argent... et de sa redistribution.

B. L’atelier a également permis de constater que l’utilité du manager fait largement consensus, sur le fond, même si des questions de forme restent à affiner. Reste particulièrement à régler la question de la relation du manager avec les autres partenaires directs de l’artiste, et à dissiper les fantasmes sur les conditions de sa rémunération.

C Au niveau du terrain, la question de la gratuité - particulièrement dans le domaine du spectacle - semble un faux problème. Des exemples internationaux, plutôt inquiétants, notamment autour de Clear Channel, ont cependant été évoqués. Ce qui préoccupe plus, c’est, par exemple, la façon dont le « tour-support » peut fausser les repères économiques.

D Enfin, les échanges autour de la notion d’intérêt général ont permis aux contributeurs et participants de l’atelier d’apporter un regard croisé sur les nouveaux questionnements transversaux de la filière, et la nécessité de les résoudre.

Sauf à admettre que la seule « main invisible des marchés » arbitre ces tensions, la responsabilité des professionnels et des partenaires publics est en effet mécaniquement ré-interrogée.

Un rappel historique nous a éclairé sur deux dimensions du débat :

-  la filière reste organisée sur des textes vieux de 20 ans, et de l’ère analogique : il est évident - et les tensions le démontrent - que les déterminants se sont déplacés. La puissance publique est ici interpellée pour réaffirmer les nouveaux enjeux publics ;

-  par ailleurs les conditions d’élaboration et de vote des textes sur les droits voisins rappellent qu’un consensus général est nécessaire pour agir et peser dans le débat public : la profession est ici interpellée pour réaffirmer des principes de solidarité.

Les contributions, et surtout les débats ont autorisé des échanges francs et courageux : il faut oser le changement !

Dans une filière, rappelons-le, « ce qui est en commun doit demeurer plus fort que ce qui divise ! »

La notion d’intérêt général - surtout dans un atelier qui parlait principalement d’économie, de filière, avec toutes les limites des termes -, n’est donc pas une nouvelle résurgence de vieilles lunes socio-culturelles ou anti-libérales. Au contraire, elle seule, peut permettre un échange productif entre les acteurs privés, parapublics et publics.

En synthèse générale...

Malgré la bonne volonté des uns et des autres, la filière musicale ne parvient pas à surmonter les difficultés et conflits qui opposent certaines de ses composantes.

Les mutations socio-économiques et technologiques sont en effet profondes, et les comportements des publics, citoyens et consommateurs évoluent également très rapidement.

Or, les instruments de dialogue interprofessionnels propres à cette filière ont aujourd’hui vingt ans.

Ils ne permettent pas, ou mal, les échanges avec ceux-là mêmes qui sont, parmi d’autres, sources des tensions que cet atelier a évoquées.

Ni l’industrie Internet, ni les usagers, ni non plus les managers, par exemple ne participent au dialogue et aux actions d’intérêt général tels que la filière les administre et les conçoit aujourd’hui.

Bien qu’elles n’aient pas été évoquées au cours de nos échanges, je me permettrais d’y ajouter les collectivités territoriales, dont d’autres ateliers ont souligné l’importance... [Note du synthétiseur]

Donc, prenant acte de l’émergence de ces nouveaux acteurs, l’Etat et les professionnels ne devraient-ils ouvrir un grand chantier visant à redessiner les contours de leurs actions d’intérêt général, afin de mieux prendre en compte les nouveaux enjeux que cet atelier a mis en exergue ?

Sensibilisation du consommateur, régulation de l’action des multinationales du spectacle contrôlées par les médias, éducation artistique, droits du manager... les nouveaux défis sont ainsi nombreux.

Il est urgent de les prendre en compte.


Retrouver la synthèse en téléchargement ICI







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