mercredi 5, jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2005 à Nancy
Nous sommes le 9 septembre 2010 - mis à jour : 9 octobre 2006

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Synthèse "Spectacle : des savoir-faire multiples"
Synthèse des ateliers 11 et 12

ForuMa - Nancy 2005

Synthèse de :
-  l’atelier 11 : Que sont les entreprises de spectacle vivant ?
-  l’atelier 12 : Création, diffusion, repérage et accompagnement : comment s’organise la filière du spectacle ?

Chaque atelier de débats a été :
-  préparé par l’animateur du forum en ligne : Henri Didonna
-  animé par le modérateur : Béatrice Macé
-  synthétisé par : Philippe Gouttes


Synthèse de l’atelier 11 et 12 :
Que sont les entreprises de spectacle vivant ?
Création, diffusion, repérage et accompagnement :
comment s’organise la filière du spectacle ?

Pour rappel, le thème de l’atelier 11 qui s’est tenu le premier jour de notre Forum posait la question : « Que sont les entreprises de spectacles vivant ? » ; tandis que l’atelier 12, qui s’est tenu le lendemain, celle de la « Création, diffusion, repérage et accompagnement : comment s’organise la filière du spectacle ? »

Après consultation des participants de chacun de ces deux ateliers, il est apparu souhaitable de joindre leurs synthèses, tant leurs thèmes se croisaient et s’interpénétraient.

L’un posant la problématique de l’entreprise, de son projet, de son organisation, de son économie, de sa finalité en tant que porteuse de projets artistiques ; le deuxième, celle des rapports entre les multiples acteurs qui entourent celle-ci.

Il est clairement apparu que le projet artistique et le projet de l’entreprise se superposent et s’articulent, une dynamique dialectique faisant intervenir des structures très différentes par la taille, le poids, l’économie, la forme d’organisation, le statut juridique, mais aussi dans le rapport qu’elles entretiennent avec le projet artistique, selon qu’elles produisent, organisent des tournées ou qu’elles diffusent le spectacle. Elles sont également diverses dans la manière de s’implanter sur un territoire, dans celle d’accompagner le projet artistique, seules ou en partenariats avec d’autres. Mais aussi selon qu’elles sont plus ou moins impliquées dans un mouvement collectif professionnel, un syndicat, un réseau.

En effet, comment développer un projet artistique s’il n’y a pas une entreprise pour le porter, en assumer la responsabilité (notamment celle d’employeur) ; dans une mise en rapport entre ce projet et le public auquel il est destiné ? Et quelle serait la finalité d’une entreprise de spectacles si son objet n’était pas principalement centré sur le projet artistique ; et si toute son organisation, ses relations, son économie n’était pas en phase avec le projet lui-même ?

Le constat commun des deux ateliers se révèle plutôt en creux.

Creux résultant d’un manque de repères, tant du point du vue économique qu’en termes de projets, réduisant de fait la possibilité de la profession à identifier ses problématiques, ses typologies, à analyser et évaluer ses propres actions. En cela, l’ensemble des participants est convaincu que l’étude amorcée par le Gemap (le Groupement des entreprises de musiques actuelles et populaire) est nécessaire. Nécessaire, pour que la profession approfondisse sa connaissance d’elle-même et s’affirme. Nécessaire, pour que se poursuivre le dialogue ouvert entre les pouvoirs publics et les partenaires professionnels.

Les tendances que dégage cette étude, y compris dans son état d’inachèvement, sont suffisamment probantes pour que cette tâche soit poursuivie. D’autant qu’elle permettra de rassembler tous les acteurs des musiques actuelles dans leur diversité et la multiplicité de leur situation générale et particulière.

L’histoire, la vitalité, la richesse des initiatives, l’engagement militant des acteurs, l’engouement du public pour ses formes de musiques pourraient donner parfois l’impression que ce secteur se situerait au-dessus d’une justification ; et d’une contingence quantitative pour expliquer, qui il est, ce qu’il fait. Mais il ne faut pas s’y tromper, la forte participation aux ateliers, la richesse des échanges, les propositions constructives avancées nous conduisent à observer une réelle volonté de dénouer les contradictions et de dépasser le stade du constat.

Nous pouvons témoigner que les acteurs des musiques actuelles ne se figent pas dans une posture d’attente, qu’ils sont prêts à affronter l’avenir. La maturité dont ils ont fait preuve tout au long du ForuMa le montre. Mais nous sommes sans doute à la bascule de deux cycles. La génération qui arrive redynamise un secteur qui ne veut pas se laisser entraîner malgré lui. Celui-ci veut pouvoir exister dans ses choix esthétiques et éthiques malgré la pression du marché désormais mondialisé. Il veut préserver la richesse de la création artistique, sa diversité. Il ne veut pas d’un tout marchand où la musique se réduirait à l’état de produit dont la valeur ne serait que le résultat d’une économie de production calquée sur les schémas industriels. Il veut préserver son identité, celle de ses artistes, l’originalité de ses modes de production et d’organisation. Il veut garder son contact avec le public dans la diversité de celui-ci : dans les quartiers, les villes moyennes, les zones rurales. Il ne veut pas que s’approfondissent les inégalités de l’accès à la culture et sa volonté est d’irriguer l’ensemble du territoire.

L’expression des acteurs tout au long des débats ayant suffisamment mis en avant une conception de la culture dépassant le clivage entre le divertissement et la culture cultivée pour intégrer un prolongement des esthétiques, sur un mode philosophique, par le rapport à soi et le rapport à l’Autre. Le secteur ne se considérant pas comme une discipline artistique de plus, mais comme une dimension humaine intégrant toutes les facettes de nos vies.

Pour cela trois pistes se dessinent.

Un premier chantier pourrait s’essayer à un rééquilibrage des rapports que les Musiques Actuelles entretiennent avec les Pouvoirs Publics au différents étages des territoires. Du local le plus proche jusqu’à l’État, dont la mission est de veiller à l’égalité de traitement des citoyens de l’hexagone. En passant par la Région dont le territoire semble être l’échelle d’appropriation par les acteurs.

Ce rééquilibrage, implique qu’on ne s’enferme pas dans une logique uniquement financière. Il s’agira aussi de veiller aux effets des autres politiques sur la capacité d’entreprendre. Il s’agira de consolider l’existant, de permettre l’émergence de nouveaux projets et de préserver l’indépendance de ces acteurs.

Tout cela devant se faire dans une concertation qui implique tous les acteurs dans la diversité de leurs projets et un large cercle de responsables de la vie publique. C’est un deuxième chantier. Car il s’agira alors de construire des outils pour que cette concertation se structure et qu’elle soit pérenne.

Enfin, dans la continuité, le troisième chantier consistera à organiser un travail transversal entre les réseaux et les entreprises elles-mêmes. Le but étant qu’elles se connaissent mieux, qu’elles dialoguent, qu’elles travaillent ensemble. Leur objectif commun étant de contribuer à permettre un accès à la culture réellement démocratique pour un public dans toutes ses composantes. Et, mais c’est le côté pile de la médaille, de permettre aux artistes de se présenter devant ces publics dans la diversité des offres qu’il proposent.

Ces chantiers seraient à entreprendre rapidement car le sentiment qui se dégage de nos débats est celui de l’urgence.
L’urgence qui consiste à mettre en place les conditions d’un développement partagé et solidaire.


Retrouver la synthèse en téléchargement ICI







Réaction

La "faim" des premières parties...
14 novembre 2005, par Modérateur

Souvent présentées ou fantasmées comme un marchepied vers la « gloire », les premières parties pointent, dans de nombreux cas, le rapport ambigu qu’entretient un lieu avec le tissu artistique local qu’il serait censé irriguer par capillarité.

Illustration par JONAZ artiste hip hop de la région lilloise.
www.nejiprod.com


A écouter : 1ere partie


Jonaz a.k.a. 1ère partie
C’est triste à dire
Mais j’f’rais que des 1eres parties
Jouer avant des types
Qui ont plus de succes j’flippe
1ère partie, introduction
Jonaz et ces chansons
En monologue :
"personne me kiffe sauf ma darone"
J’ai qu’un seule rôle
Faire chauffer la foule
J’dois juste être un peu drôle
Et ça me fout les boules
Si les autres ont des cachets
Je suis juste defrayé
Accueilli comme un clodo
C’est ma passion mon boulot
Préparer le terrain
Si le public a payé
C’est pas pour me regarder
Mais pour ce qu’il y a après
Je suis l’hôtesse d’accueil du hip hop
J’espère que tu me trouves bonne
Mais c’est superficiel
En apparence et en façade
Je me dois d’être au top
Souriant accueillant
Patient discret officielle... _...ment je suis juste une 1ère partie
J’sors des blagues pour patienter
Dans cette salle d’attente immense t’es
Impatient et réceptif,
Mais pour la fête, j’s’rais parti

Première partie pour le grand moment j’s’rais parti
Profitez de ma présence pour commander des bières
Après j’s’rais parti quand tout l’monde s’ra attentif
J’f’rais partie du public et perdrais mon air fier

Des idées dans la tête
De la star en attente
Je suis son fantôme,
J’suis grillé si j’me plante
J’échauffe l’éclairagiste
Et teste les retours
Mais chaque chose a sa place
Mon set doit être court
Et mon son moins puissant,
J’dois supprimer des rimes
Faut être moins brillant,
Faut pas trop que je frime
Jonaz : 1ère partie
Comme un pou j’brille
Sur le talent d’autrui,
Parasite soumis
J’inspire le mépris
De mes secondes parties
J’suis juste un jeune talent
L’problème c’est qu’j’ai bientôt trente ans !!!
J’fais pitié sur un programme
Dans la gamme "développement durable" :
On aide les p’tits a perdurer
Et entretient le fossé
Musicien raté, depuis des années
Au moins mois j’fais pas chier
En m’impliquant dans des rôles-clefs (yeah)

Première partie pour le grand moment j’s’rais parti
Profitez de ma présence pour commander des bières
Après j’s’rais parti quand tout l’monde s’ra attentif
J’f’rais partie du public et perdrais mon air fier

Première partie
Je serais et je suis
Juste une première partie
Comme les pubs pourries au ciné
La météo de gillo-pétré
Je suis la presse dans le tabac-presse
Les chips gratis avec un pastis
Je suis la première partie
Comme le présentateur télé
Qui annonce un speech de Sarkozi
Je suis sa première partie
Première partie d’Martine Aubry
"Lille 2004" culture / projet
Eux : la postérité
Moi : plongé dans l’oublie
Première partie
Première partie
Première partie
Après ce soir j’irais m’coucher
Tout l’monde m’aura oublié
Le carrosse en citrouille
C’est pour ça que j’me grouille
Première partie paillasson
Avant d’entrer dans le son
Première sans comparaison
Première partie bidon
Accroché au cliché
Du talentueux mais ya pas photo
La première partie
C’est toujours moins rigolo
Que la partie deux..."

Première partie pour le grand moment j’s’rais parti
Profitez de ma présence pour commander des bières
Après j’s’rais parti quand tout l’monde s’ra attentif
J’f’rais partie du public et perdrais mon air fier




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